HAUSSE DE LA TVA ? Comme un air d’hallali

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.
Entrez votre adresse email :

Le 19 octobre 2012

Depuis quelques temps nous assistons à une véritable « offensive d’hiver », une charge de cavalerie
lourde à l’égard de nos professions. Il ne s’écoule pas un jour en effet sans que nous ayons droit à une
annonce qui jette un peu plus de l’huile sur le feu sur le délicat problème de la TVA dans la restauration.
Une éventuelle hausse de la TVA mettrait ainsi en péril nos établissements et l’investissement que
nous avons réalisé tant dans l’acquisition que l’aménagement de ceux-ci ainsi que les emplois que nous
avons créés. Ce patrimoine, que nous avons su constituer au prix de beaucoup d’efforts, de sacrifices et
de nombreuses années de travail, risque de voler en éclat purement et simplement si le gouvernement
persiste dans ses intentions démagogiques. On voudrait en effet procéder à un démantèlement en règle
des professions des CHR qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Cela vaut autant pour les débits de tabac, les
débits de boissons et les restaurants.
Prenons la dernière hausse du prix du tabac (la énième) qui non seulement va réduire les recettes des
buralistes à un moment ou les charges, diverses et multiples, ne cessent d’augmenter. Et bien cette
hausse va aussi se traduire, et les professionnels le mesurent déjà depuis quelques temps, par une
aggravation des importations de cigarettes de contrefaçon, d’où un important manque à gagner fiscal
pour l’Etat. Elle va aussi occasionner à terme un grave problème de santé publique en raison des procédés
de fabrication desdites cigarettes
Après le tabac, voici qu’on évoque maintenant une hausse de 160 % de la taxation de la bière, à savoir la
multiplication par 2,6 du niveau actuel. Concrètement, si ce projet actuellement en discussion à la
commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale était adopté, ce serait alors une hausse du prix
de la bière pour les consommateurs de l’ordre de 20 à 25 %.
Enfin, le comble du cynisme de la part de ceux qui nous gouvernent, (et qui disaient vouloir améliorer le
pouvoir d’achat des français) est atteint avec le chiffon rouge qui nous est constamment agité sous les
yeux à propos du taux actuel de TVA en vigueur dans la restauration. Et ce, en dépit de la concertation
engagée depuis quelques semaines par la ministre du commerce, Madame Sylvia Pinel.
Nous avons ainsi assisté à un ballet ininterrompu des personnalités désignées pour dresser un réquisitoire contre ce qu’ils présentent comme un « cadeau fiscal ». Il y a d’abord eu au cours de l’été les déclarations du député de Saône-et-Loire Thomas Thevenoud, membre de la Commission des Finances et tout récemment les interventions de Christian Eckert, rapporteur général du Budget et de Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget. Ce dernier évoque ainsi « une réforme possible d’ici la fin de l’année » en menaçant d’une probable hausse « si les engagements pris en 2009 n’ont pas été respectés scrupuleusement ».
Pour ce qui nous concerne à la CPIH, nous avons le sentiment que nous avons joué loyalement la partition qui était la nôtre. Et nous attendons que l’Etat en fasse autant. La baisse de la TVA, non seulement a sauvé des centaines d’entreprises au bord du dépôt de bilan, mais nous a aussi permis de créer des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur de la restauration, d’instaurer un véritable dialogue social dans nos établissements, de créer une Mutuelle santé pour nos salariés et d’améliorer les conditions de travail de ceux-ci, tout en baissant le prix de nos menus à la clientèle. Quelle profession peut prétendre avoir autant évolué en si peu de temps ?
Nos dirigeants actuels voudraient empêcher les français de fumer, de boire et de manger qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. A quand l’interdiction de respirer ?
Nos dirigeants actuels voudraient mettre les entreprises des CHRD (cafés, hôtels, restaurants, discothèques) en difficulté qu’ils n’agiraient pas autrement. (D’après une récente enquête si la TVA était relevée à 12 % par exemple, 61 % des entreprises seraient en difficulté et 66% des chefs d’entreprise renonceraient à investir).
Nos dirigeants actuels voudraient aggraver la situation du chômage, qu’ils ne feraient pas autre chose (selon la même étude 59 % des chefs d’entreprises interrogés réduiraient leurs frais de personnel).
Nos dirigeants actuels voudraient réduire le pouvoir d’achat des ménages qu’ils ne feraient pas mieux (44 % des restaurateurs indiquent qu’ils n’auraient en effet pas d’autre solution que d’augmenter leurs prix).
En agissant comme ils le font depuis quelques semaines, nos dirigeants, veulent-ils rendre la vie impossible aux français et veulent-ils les décourager d’entreprendre ? Si c’est ce qu’ils veulent, qu’ils aient l’honnêteté de nous le dire sans se réfugier derrière des mesures plus idéologiques qu’économiques. Devons-nous leur rappeler que si des mesures doivent être prises aujourd’hui (que nous ne contestons pas) c’est en raison de l’imprévoyance et de l’incompétence de ceux qui se sont succédés durant plus de trente ans à la tête du pays ? Est-ce là leur idée de la justice que de faire supporter par les français les erreurs, pour ne pas dire les fautes de leurs dirigeants successifs ?
Vouloir administrer un traitement de cheval à un malade qui n’en peut déjà plus, risque non pas de guérir le patient mais de hâter sa fin et le jour de la mise en bière (!) on ne ressuscite jamais le défunt.
Gérard GUY
Président confédéral de la CPIH

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »